04 novembre 2009
DEGAS ... & la Danse / & the Dance
Aucun artiste n'a jamais été autant associé à l'image de la danse que l'Impressionniste français Edgar DEGAS (1834-1917). Plus de la moitié de sa vaste production de tableaux, dessins et sculptures est consacrée à l'activité des danseuses de ballet ou des élèves en danse du Paris du 19è siècle. DEGAS entretenait un lien étroit avec l'Opéra de Paris où, durant des années, il assistait aux représentations et aux leçons de ballet. A partir de 1872, grâce à Désiré DEHAU (un musicien de l'orchestre), l'artiste eut également accès aux salles de répétition et aux coulisses du magnifique Opéra Garnier dont il dépeignit l'atmosphère depuis son atelier de Montmartre. L'Ecole de Ballet, située "rue le Peletier", servit de sujet à son premier tableau intitulé "Le Foyer de la Danse à l'Opéra".
Le Foyer de la Danse à l'Opéra. 1872. Huile sur toile / Oil on canvas. 32 x 46 cm (12 1/2 x 18 in.). Musée d'Orsay, Paris (FRA).
Au cours de sa carrière, DEGAS créa plus d'un millier de tableaux dédiés à la danse. Il passait des heures à partager le quotidien de l'Opéra de Paris et accueillait des modèles dans son atelier. Celles-ci étaient pour la plupart des jeunes filles pauvres issues de la classe ouvrière, qui portaient le surnom de "petits-rats." L'artiste, issu lui-même d'une famille aisée, écrivit dans son journal : "C'est parmi les gens ordinaires que se trouve la grâce.". Il illustra le travail difficile qui se cachait derrière le "produit fini", représenta les ballerines qui s'entraînaient, s'échauffaient, s'étiraient et même celles qui attendaient avant de présenter un examen. Tout comme les danseuses qui pratiquaient sans cesse les mêmes corégraphies, DEGAS les dessinait encore et encore. Sa connaissance du monde du ballet était à ce point excellente qu'il était apte à corriger, sur papier, les mouvements des petits-rats si leur technique semblait imparfaite ...
Au début de son oeuvre, Degas situait ses danseuses dans un cadre bien précis mais à la fin de sa vie, préoccupé surtout de couleur, il accorda plus d’importance au costume et à la silhouette. Dans les dernières années, devenu presque aveugle, ce furent encore des figures de ballerines que ses doigts modelèrent.
La Classe de Danse / The Dancing Class. 1873-75. Huile sur toile / Oil on canvas. 85 x 75 cm (33 1/2 x 29 1/2 in.). Musée d'Orsay, Paris (FRA).
Les oeuvres de DEGAS étaient souvent controversées mais tous s'accordaient généralement sur leur qualité de dessin. "La Petite Danseuse de Quatorze Ans" (c. 1881) est une sculpture représentant une jeune élève de danse nommée Marie van Goethem. L'oeuvre est faite de cire, un choix de matériau assez inhabituel à l'époque, le personnage est vêtu de coton et d'un ruban dans les cheveux et se dresse sur une base en bois. Lorsque "La Petite Danseuse de Quatorze Ans" fut présentée à Paris lors de la Sixième Exposition Impressionniste de 1881, elle reçut un accueil mitigé. La majorité des critiques étaient choqués par la pièce, qu'ils qualifièrent même repoussante, alors que les autres la considéraient comme une "éclosion".
Ecole de Danse / Dance School. 1874. Huile sur toile / Oil on canvas. 48,3 x 62,5 cm (19 1/16 x 24 5/8 in.). Corcoran Gallery of Art, Washington (USA).
No artist has ever been more closely associated with images of dancers than the French Impressionist Edgar DEGAS (1834-1917). More than half of his vast output of paintings, drawings and sculptures is devoted to the activities of the ballet dancers and dance students of late 19th-century Paris. DEGAS had an intimate connection to the Paris Opera, where for years he attended performances and watched ballet classes. From 1872, thanks to Désiré DEHAU (a musician of the orchestra), the artist also had access to the rehearsal rooms and backstage areas of the magnificent Palais Garnier Opera House. He depicted their dramatic atmosphere in his Montmartre studio. The Scool of Ballet, located "rue le Peletier", was the subject of his first painting : "Le Foyer de la Danse à l'Opéra".
Quatre Danseuses / Four Dancers. 1899. Huile sur toile / Oil on canvas. 151,1 x 180,2 cm (59 1/2 x 71 in.). National Gallery of Art, Washington DC (USA).
DEGAS created more than a thousand ballet pictures during his career. He spent hours behind the scenes at the Paris Opera and had dancers pose in his studio. Most of them were poor, working-class girls, hence the nickname "petits rats." The artist, himself from a wealthy family, wrote in his diary : "It is among the common people that you find grace.". He illustrated the hard work behind the "finished product", showing ballerinas rehearsing, warming up, stretching, and even waiting before an exam. Just as the dancers practiced the same positions over and over again, so did Degas draw them repeatedly. He had such an excellent knowledge of the world of ballet that he was able to correct, on the paper, the petite ballet rats's movements if they showed an imperfect technique...
In his early works, Degas set the dancers in a detailed background but, at the end of his life, he was mainly concerned with colour and gave more importance to dresses and figures. In his last years, nearly blind, his fingers were still modelling ballerina's figures.
La Petite Danseuse de Quatorze ans / Little Dancer of Fourteen Years. c. 1881. Sculpture (cire / wax). Hauteur / Height : 94 cm. National Gallery of Art, Washington DC (USA).
DEGAS's work was often controversed, but was generally admired for its draftsmanship. "Little Dancer of Fourteen Years" (c. 1881) is a sculpture of a young dance student named Marie van Goethem. The work is made from wax, an unusual choice of material for a sculpture of this time, dressed in a cotton skirt with a hair ribbon, sitting on a wooden base. When "Little Dancer of Fourteen Years" was shown in Paris at the Sixth Impressionist Exhibition of 1881, it received mixed reviews. The majority of critics were shocked by the piece while others saw in it a "blossoming".
En savoir plus / To learn more ...
Explore the "Dance Lesson" by Edgar DEGAS, a very interesting article provided by the National Gallery of Art (Washington DC).
Livre "Degas & la Danse" / Book "Degas & the Dance", by Richard Kendall & Jill DeVonyar. 303 pages. Editions de la Martinière (French) / Harry N. Abrams Editions (US English).
DVD "Degas & la Danse", Arte Video (French), 2006.
17 octobre 2009
On The Water's Edge (2009)
Je suis de retour du vernissage de l'exposition internationale "On The Water's Edge", qui se déroule en Belgique (Seneffe) et réunit quelques-uns de nos grands aquarellistes contemporains : Nicholas Simmons, Xavier Swolfs, Joseph Zbukvic, Marc Folly, Janine Gallizia, Stéphane Heurion. Plus de 50 oeuvres d'art y sont présentées.
J'ai également eu le plaisir de rencontrer mon ami, l'artiste américain Nicholas Simmons dont le travail a été récompensé à de nombreuses reprises, et d'admirer ses magnifiques oeuvres de mes propres yeux. Merci Nick pour ta gentillesse et ta générosité, j'ai vraiment apprécié chacun de nos échanges. J'espère que tu as aimé les chocolats ... ;-)
With Nicholas Simmons :

The painting in the background is "Nassau #4 : Bay St. Girl", awarded Gold Medal - 30th Annual Pennsylvania Watercolor Society International Juried Exhibition. 97 x 97 cm. © Nicholas Simmons. Visit Nick's website for an overview of his work and career.
I am back from the opening of "On The Water's Edge", an international exhibition that takes place in Belgium (Seneffe) and gathers some of our great contemporary watercolourists : Nicholas Simmons, Xavier Swolfs, Joseph Zbukvic, Marc Folly, Janine Gallizia, Stéphane Heurion. More than 50 artworks are shown on exhibit.
I also had the chance to meet my friend, the award-winning american watercolourist Nicholas Simmons, and to admire his wonderful works with my own eyes. Thank you Nick for your kindness and generosity, I really appreciated each of our exchange of views. Hope that you liked the chocolates ... ;-)
06 octobre 2009
FOCUS : Nicholas Simmons (USA)
Nassau #4: Bay St. Girl - 97 x 97 cm. © Nicholas Simmons. All rights reserved.
Nicholas Simmons est un aquarelliste américain né à Cedar Rapids, Iowa. Il s'est formé auprès de grands aquarellistes, dont notamment Valfred Thelin et Barbara Nechis, et a rapidement développé un style original et unique. Nicholas se consacre à plein-temps à la peinture à partir de 2002. Ses oeuvres suscitent aujourd'hui l'admiration de ses pairs et des amateurs d'art de par le monde. Sa participation à de nombreuses expositions aux Etats-Unis lui a permis de remporter plusieurs prix prestigieux en 2007 (Médaille d'Or, 87è Exposition Internationale de la Société National d'Aquarelle américaine), 2008 et 2009 (Médaille d'Or, Société d'Aquarelle de Pennsylvanie, 29è et 30è Exposition-Concours International). Il donne également des stages aux Etats-Unis et collabore au magazine international "L'Art de l'Aquarelle".
Nicholas associe divers éléments : personnages, formes abstraites, lettrage, lumières vives des néons, graffiti, ... pour créer ces tableaux de grandes dimensions immédiatement reconnaissables par leurs couleurs vives, leurs contrastes gagnants, leurs sombres intenses, leur atmosphère vibrante et leur spontanéité. Il est l'un de nos aquarellistes contemporains qui a choisi d'explorer toutes les possibilités qu'offre l'aquarelle et présente donc celle-ci comme un médium à part entière, au même titre que d'autres techniques issues des Beaux-Arts.
Tokyo Express - 104 x 104 cm. © Nicholas Simmons. All rights reserved.
Nicholas Simmons is an American watercolourist born in Cedar Rapids, Iowa. He studied with many well-known watercolourists, most notably Valfred Thelin and Barbara Nechis, and developed a bold original style. Nicholas began painting full-time in 2002 and his works are now admired by fellow artists and art lovers worldwide. Exhibiting his watercolours has won him top awards in 2007 (Gold Medal, NWS, 87th International Exhibition), 2008 and 2009 (Gold Medal, Pennsylvania Watercolour Society, respectively 29th and 30th Juried International Exhibition). He also gives workshops in the United States and is a contributor of the international watercolour magazine "L'Art de l'Aquarelle".
Nicholas combines various elements : figures, abstract shapes, printed lettering, neon lights, graffiti, ... to create large scale paintings that are immediately recognizable by their vivid colours, winning contrasts, intense darks, vibrant atmosphere and spontaneity. He is one of our contemporary watercolourists who explore all the possibilities of watercolour, presenting it as a fully-fledged medium in the same way as other Fine Arts media.
Sueño del Verde - 69 x 132 cm. © Nicholas Simmons. All rights reserved.
Nicholas Simmons participera prochainement à la 4è édition de l'événement "On The Water's Edge", une exposition internationale d'aquarelle organisée par Janine Gallizia, du 17 au 25 octobre (Salle Culturelle Communale, Place de Penne d'Agenais 12, 7180 Seneffe, Belgique). Les autres artistes participants sont : Janine Gallizia (AUS), Joseph Zbukvic (AUS), Xavier Swolfs (BEL), Marc Folly (FRA), Stéphane Heurion (BEL). Pour plus d'information au sujet de cette exposition, rendez-vous sur le site de Janine Gallizia : ICI.
Nicholas Simmons will soon take part in the 4th edition of "On The Water's Edge", an international watercolour exhibition organized by Janine Gallizia, from 17th until 25th October (Salle Culturelle Communale, Place de Penne d'Agenais 12, 7180 Seneffe, Belgium). Other participating artists are : Janine Gallizia (AUS), Joseph Zbukvic (AUS), Xavier Swolfs (BEL), Marc Folly (FRA), Stéphane Heurion (BEL). More information about this art show on Janine Gallizia's website : HERE.
06 février 2009
Aquarelle / Watercolour : definition & conception
Juste ou pas ? La définition de l'aquarelle varie considérablement en fonction du lieu où elle est pratiquée. Voici deux exemples :
En France, le terme "aquarelle" signifie pigment aquarelle et eau. L'approche est puriste et les rehauts à la gouache ou à l'acrylique sont donc à proscrire.
Par contre, aux Etats-Unis, l’aquarelle signifie tout médium soluble à l’eau (aquarelle, acrylique, gouache, caséine et tempera à l’oeuf) appliqué sur papier. Selon l’American Watercolor Society, une aquarelle peut tout à fait être le résultat de lavis de pigments aquarelle et acrylique, par exemple. Celle-ci refuse cependant les oeuvres sur toile, les collages et techniques mixtes (encre, pastel, …).
Qu'arrive-t-il alors lorsqu'un artiste franchit les frontières de l'aquarelle traditionnelle, quel que soit le lieu où il réside ? Tant que les oeuvres de ce même aquarelliste sont produites en utilisant un matériel de qualité (pigments résistants à la lumière, eau au PH neutre et papier sans acide) de manière à garantir la permanence de l'oeuvre dans le temps, peut-il être accusé d'enfreindre les règles ? A moins de souhaiter soumettre son travail en vue d'une compétition où de telles définitions sont lois, il est important de garder à l'esprit qu'explorer d'autres techniques, innover de nouveaux procédés de peinture, ... font partie intégrante du métier d'artiste.

Joseph Mallord William Turner, Méandre de la rivière Lune, vue sur le château de Hornby. 1816-1818. Aquarelle et gouache / Watercolour and gouache. 29,1 x 42 cm. The Courtauld Gallery, London (UK).
Right or wrong ? Watercolour's definition considerably varies depending on the place it is practised. Here are two examples :
In France, "watercolour" means watercolour pigment and water. The approach is purist and the use of bodypaint or acrylic to add some highlights to the painting is proscribed.
On the contrary, in the United States, watercolour means working in any water soluble media (watercolour, acrylic, gouache, casein, and egg tempera) on paper. According to the American Watercolor Society, a watercolour may be a work made of watercolour pigments washes and acrylic, for example. However, it refuses works on canvas, collage and mixed media (ink, pastel, ...).
So what will happen if an artist steps outside the bounds of traditional watercolour, wherever he lives ? As long as what the watercolourist paints is produced in a manner that guarantees the works permanence by using good quality materials (lightfast pigments, neutral PH water and acid-free paper), why should it be against the rules ? Unless he wishes to submit a work in a competition where such definitions are enforced, it is important to keep in mind that exploring other techniques, innovating new painting-processes, ... are part of any artist's job.
12 décembre 2008
Turner Watercolours from The Courtauld
Je visiterai bientôt la Galerie Courtauld (Londres) pour y voir l'exposition "Sentiers vers la Célébrité : Aquarelles de Turner de la Courtauld", qui se déroule jusqu'au 25 janvier 2009. La Galerie Courtauld semble être le lieu approprié pour cette exposition : le jeune Joseph Mallord William Turner passa beaucoup de temps dans ce bâtiment, étudiant le dessin architectural alors qu'il était encore élève des Royal Academy Schools. La collection comprend quelques tableaux prêtés par la Tate Gallery ainsi que plusieurs pièces de la collection Courtauld.
L'exposition est divisée en 4 thèmes :
- Première Ambition indique l'intérêt du jeune Turner pour l'expérimentation,
- L'Attrait du Continent démontre la maîtrise de l'artiste pour un style plus artistique et imaginatif,
- Illustrations littéraires vers 1816 – 1832,
- Sable, Mer et Ciel ; Margate et Ruskin. Cette section décrit le rôle des collectionneurs et amis, dont le critique d'art John Ruskin, en tant que promoteurs des oeuvres de Turner. A cette époque, l'artiste se sentait davantage concerné par le temps, la lumière ou la couleur que par la précision.

Joseph Mallord William Turner, Autoportrait. 1798. Tate Gallery, Londres (UK).
I will soon visit the Courtauld Gallery (London) for the exhibition "Paths to Fame : Turner Watercolours from The Courtauld", running until January 25 2009. The Courtauld Gallery seems to be the appropriate setting for this exhibition : as a young man Joseph Mallord William Turner spent a lot of time in the building, studying architectural draughtsmanship as a student of the Royal Academy Schools. The collection includes loans from the Tate as well as pieces from The Courtauld’s own collection.
The exhibition is divided into four themes :
- Early Ambition indicates young Turner's interest for experimentation,
- The Lure of the Continent showcases Turner's mastery of a more artistic and imaginative style,
- Book Illustrations circa 1816 – 1832,
- Sand, Sea and Sky ; Margate and Ruskin. This section stresses the roles of collectors and friends, including art critic John Ruskin, as promoters of Turner's work. At that time, the artist was concerned with weather, light and colour rather than precision.
17 octobre 2008
"Duo d'Eau", Exposition Feller & Palmaerts Exhibition
Roland Palmaerts et Odette Feller présentent leurs dernières oeuvres (aquarelles et acryliques) à Bruxelles, durant cinq jours seulement ! Cette exposition se déroule du 17 au 21 octobre, de 13 heures à 20 heures (Château du Karreveld, avenue Jean de la Hoese, 1080 Molenbeek-Saint-Jean, Belgique).
Une démonstration d'aquarelle par Roland Palmaerts est programmée le samedi 18 octobre, de 15 à 18 heures (prix d'entrée : 10 euros). Pour plus d'informations : (+32) 02 468 56 06.
Left : acrylic by Odette FELLER. Right : acrylic by Roland PALMAERTS.
Roland Palmaerts and Odette Feller are showing their latest works (watercolours and acrylics) in Brussels, during five days only ! This exhibition takes place from 17th until 21rst October, from 13 p.m. until 20 p.m. (Château du Karreveld, avenue Jean de la Hoese, 1080 Molenbeek-Saint-Jean, Belgium).
A watercolour demonstration by Roland Palmaerts will take place on Saturday 18th October, from 15 p.m. until 18 p.m. (admission charge : 10 euros). For more information, please call : (+32) 02 468 56 06.
16 août 2008
Lumiere Radicale / Radical Light
L'exposition "Radical Light Exhibition : Italy's Divisionist painters, 1891 - 1910" met en lumière un mouvement artistique moins connu se basant sur le traitement de la couleur et de la lumière : le Divisionnisme. Elle se déroule du 18 juin au 7 septembre 2008, à la National Gallery de Londres (Aile Sainsbury). Plus de 50 tableaux sont exposés dont notamment des oeuvres issues de collections privées.

Luigi Russolo, "Lightning", 1909 - 1910. Galleria Nazionale d'Arte Moderna, Rome (Italy).
A distance, les oeuvres paraissent très réalistes. Cependant, si vous regardez d'un peu plus près, chacune est un hypnotisant tourbillon de petites quantités de couleur qui donnent forme au sojet principal du tableau. Il est intéressant de comparer les différentes méthodes de travail propres à chaque oeuvre d'art. Certains artistes ont utilisé le grain de la toile en appliquant de fines touches de couleur sur la trame, d'autres ont choisi de ne pas laisser transparaître la toile mais de recouvrir successivement celle-ci par de petites touches colorées. Certains ont utilisé les traces laissées par le pinceau pour définir une forme alors que d'autres représentations sont simplement des couleurs juxtaposées qui prennent uniquement forme lorsque le spectateur recule. Certaines signatures sont même ombrées.
Selon le critique d'art Joanthan Jones : "Si vous aimez les Pré-Raphaélites, vous apprécierez les couleurs saturées et la lumière intense des oeuvres. Si vous vous intéressez au principe de la touche colorée ou du Pointillisme, vous aurez plaisir à vous tenir près du tableau et à examiner comment la peinture a été appliquée et où les couleurs individuelles ont été placées pour construire le sujet. Le thème social est souvent abordé (par exemple la pauvreté, la maternité, ...), parfois pourvu d'un symbolisme fort, et, dans la dernière salle, une sélection d'oeuvres nous mène au Futurisme (un mouvement qui a rejeté les traditions passées et embrassé le modernisme)."

Umberto Boccioni, "Lombard Countryside", 1908. Museo Civico di Belle Arti, Lugano (Italy).
The exhibition "Radical Light Exhibition : Italy's Divisionist painters, 1891 - 1910" showcases a less famous art movement that focused on light and colour : Divisionism. It takes place from 18 June to 7 September 2008, at the National Gallery of London (Sainsbury Wing). More than 50 paintings are shown on exhibit, including works from private collections.
From a distance, the works look very realistic. If you watch closely, however, each one is a mesmerizing swirl of small bits of colour that give form to the main subject of the painting. It is interesting to compare the several painting-processes of the artworks. Some artists used the weft of the canvas with touches of paint catching the thread, others had no visible canvas at all but layers of tiny flecks of colour. Some used brushmarks to define a shape and others up close were just juxtaposed colours that give form only when you step away. Some signatures even had shadows.

Emilio Longoni, "Alone", 1900. Casa di Lavoro e Patronato per i Ciechi di Guerra di Lombardia, Milan (Italy).
As the art critic Joanthan Jones said : "If you enjoy the Pre-Raphaelites, you will likely enjoy the saturated colours and intense light. If you're interested in broken colour or Pointillism, you will enjoy standing up close to inspect just how the paint has been applied and where individual colours have been located to build up the picture. There are subjects with a social theme (f.g. poverty, motherhood), some with strong symbolism, and in the last room a selection showing the way to Futurism (a movement which rejected past traditions and embraced modernism)."
17 juin 2008
Les Collections Royales d'Angleterre à Bruxelles / The British Royal Collection in Brussels
Les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles) accueillent une exposition de plus de 50 chef-d'oeuvres issus de la collection de Sa Majesté La Reine Elizabeth II. L'exposition, intitulée "Les Collections Royales d'Angleterre* : de Bruegel à Rubens" se tiendra jusqu'au 21 septembre 2008 en Belgique pour être ensuite présentée à la Queen's Gallery (du 10 octobre 2008 au 26 avril 2009, Buckingham Palace, Londres).
Des oeuvres d'Hans Memling, Pieter Bruegel l'Ancien, Pierre Paul Rubens, Antoine Van Dyck ..., presque toutes produites en Belgique entre les 15è et 17è siècles, sont présentées. Les Collections Royales sont, en effet, réputées pour le grand nombre de toiles de Rubens et Van Dyck qui y sont répertoriées, les deux artistes ayant séjourné en Angleterre, et Van Dyck ayant été employé à la cour de Charles Ier durant neuf ans.
Les visiteurs auront l'occasion d'admirer, parmi d'autres trésors artistiques, des paysages de Rubens (pour lesquels le talent de l'artiste est moins connu du grand public), divers portraits (dont celui de Van Dyck) et l'esquisse de "L'Assomption de la Vierge" (de Rubens également).
* Accumulées par les souverains britanniques pendant plus de 500 ans, les Collections Royales d'Angleterre sont constituées de tableaux, dessins et aquarelles, mobilier, céramiques, horloges, argenterie, sculptures, bijoux, manuscrits, documents et cartes, armes et armures, textiles, ... Elles peuvent être admirées dans les résidences royales britanniques ou par le biais des expositions dans les Galeries des Collections Royales ou à travers le monde.

Peter Paul Rubens, Milkmaid with Cattle in a Landscape, "The Farm at Laken".
The Royal Collection© 2007, Her Majesty Queen Elizabeth II.
The Royal Museums of Fine Arts of Belgium (Brussels) host an exhibition of more than fifty masterpieces from the collection of Her Majesty Queen Elizabeth II. The exhibition entitled "Paintings from the British Royal Collection* : Bruegel to Rubens" will take place until 21 September 2008, in Belgium, and then subsequently at The Queen's Gallery (10 October 2008 - 26 April 2009, at Buckingham Palace, London).
Works by Hans Memling, Pieter Bruegel the Elder, Peter Paul Rubens, Antoon Van Dyck ..., almost all produced in Belgium between the 15th - 17th centuries, are on display. The Royal Collection is indeed reknowned for its great holding of works by Rubens and Van Dyck, both artists having spent time in England, and with Van Dyck having been employed at the court of Charles I for nine years.
The visitors will have the opportunity to admire, among other treasures, Ruben's landscapes (for which the artist's talent is less known), several portraits (among which one of Van Dyck) and the sketch for "The Assumption of the Virgin" (also by Rubens).
* Shaped by the personal tastes of British sovereigns over more than 500 years, the British Royal Collection includes paintings, drawings and watercolours, furniture, ceramics, clocks, silver, sculpture, jewellery, books, manuscripts, prints and maps, arms and armour, textiles, ... It can be admired in the British Royal Residences or through exhibitions in the Royal Collection Galleries or trough travelling exhibitions all around the world.
+ d'infos / More info : http://www.expo-royalcollection.be/.
11 avril 2008
Ronde de Nuit au ... / Night watch at the Rijksmuseum

Rembrandt, Self Portrait (detail) / Autoportrait (détail). 1659. Oil on canvas.
Dutch painter Rembrandt's masterpiece, "The Company of Frans Banning Cocq and Willem van Ruytenburch", is the most famous work shown on exhibit in the Rijksmuseum (Amsterdam, Netherlands). Its common name, "The Night Watch", is based uppon a misapprehension. Indeed, the original canvas had become so darkened by dirt and layers of varnish that it gave the incorrect impression that the painting depicted a night scene. "The Night Watch" was fully restored in 1947 and it was then discovered that the painting represented a company stepping from a gloomy courtyard into the blinding sunlight.
Rembrandt's use of chiaroscuro heightens the sense of movement and leads the eye to the three most important characters among the company : Captain Frans Banning Cocq and Willem van Ruytenburch (both in the centre) and a young girl wearing a yellow dress. The girl carries with her the main symbols of the Arquebusiers (the other name for the militiamen) : the claws of a dead chicken (which also symbolises the defeated adversary) on her belt represent the Arquebusiers, the pistol behind the chicken stands for clover and she's also holding the militia goblet. The yellow of her dress is often associated with victory.
"The Night Watch" also lies at the centre of a persistent myth : "Rembrandt's decline in popularity was due to a negative public reception of the painting". This misconception has no reasonable origin. Rembrandt's failure was, in fact, due to a change of Dutch tastes in art. During the 1640's, Dutch patrons began to prefer bright colours, elegant and graceful manners. To them, Rembrandt's seemed to be a monotonous colorist who invariably worked with a limited palette. But, as the centuries went by, not only "The Night Watch" but many other of his paintings have been restored and are an undeniable proof of Rembrandt's genius as a colorist.
Rembrandt Harmenszoon van Rijn. "The Company of Frans Banning Cocq and Willem van Ruytenburch", known as "The Night Watch". 1642. Oil on canvas. 363 x 437 cm. Rijksmuseum, Amsterdam (Netherlands).
Le chef d'oeuvre le plus célèbre de l'artiste néerlandais Rembrandt, "La Compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch", est également la plus populaire des oeuvres exposées au Rijksmuseum d'Amsterdam (Pays-Bas). Son appellation la plus commune, "La Ronde de Nuit", provient d'une erreur d'interprétation. En effet, la toile originale était devenue si sombre suite à l'accumulation de poussière et aux couches successives de vernis, qu'elle donnait une fausse impression de scène nocturne. "La Ronde de Nuit" fut complètement restaurée en 1947 et il s'avéra alors que le tableau représentait une compagnie de mousquetaires sortant d'une cour intérieure sombre donnant sur une place innondée par l'aveuglante lumière du jour.
L'usage du clair-obscur fait par Rembrandt renforce l'impression de mouvement et dirige l'oeil vers les trois personnages les plus importants au sein de la foule : le Capitaine Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch (tous deux au centre) ainsi qu'une jeune fille vêtue d'une robe jaune. La jeune fille porte les principaux symboles des Arquebusiers (l'autre nom identifiant les hommes de la milice qui se battaient, à l'époque, avec une arquebuse) : les griffes du poulet mort (lequel symbolise aussi l'adversaire vaincu) attaché à sa ceinture représente les Arquebusiers, le pistolet à moitié dissimulé par le poulet représente une arquebuse et l'enfant tient également en main la coupe de la milice. Le jaune de sa robe est également synonyme de victoire.
"La Ronde de Nuit" se trouve également au centre d'un mythe persistant lié à l'artiste : "Le déclin de la popularité de Rembrandt serait due à un accueil négatif du tableau par le public". Cette hypothèse est totalement infondée. La chute de Rembrandt est, en réalité, la conséquence d'un changement de goûts et de critères d'appréciation dans l'art néerlandais. Durant les années 1640, les mécènes hollandais commencèrent à préférer les couleurs vives, les manières gracieuses et élégantes. Ils percevaient Rembrandt comme un coloriste monotone qui travaillait invariablement avec une palette limitée de couleurs. Mais, au fil des siècles, "La Ronde de Nuit" et bien d'autres de ses oeuvres ont été restaurées et témoignent indéniablement du génie de Rembrandt en tant que coloriste.
28 février 2008
John Atkinson Grimshaw

John Atkinson Grimshaw, "Knostrop Hall, Early Morning", oil on canvas, 1870.
John Atkinson Grimshaw was a Victorian-era painter, born in 1836, in Leeds. At the age of 24, to the dismay of his parents, he departed from his first job as a clerk for the Great Northern Railway to pursue a career in art. After his marriage in 1858, John Atkinson Grimshaw was able to devote himself to painting. By 1870, he was successful enough to rent Knostrop Old Hall, a 17th century mansion which figures in many of his pictures.
During the summer, the artist often stayed at Scarborough. He rented a house in the town in the late 1870s and called it "Castle-by-the-Sea". Perched on the cliff top just below Scarborough Castle, near St Mary's Church, it has magnificent views of both the north and south bays. The move to the coast inspired much of the painter’s work, as throughout his career he was always attracted by ships, the sea, and docks.
Grimshaw painted mostly for private patrons, and exhibited only 5 works at the Royal Academy between 1874 and 1886, and one at the Grosvenor Gallery. The towns and docks that he painted most frequently were Glasgow, Liverpool, Leeds, Scarborough, Whitby and London. He died of cancer in 1893, at the age of 57.

Left : view of Scarborough Castle / Gauche : vue du Château de Scarborough. Right / Droite : La maison de Grimshaw's house.
John Atkinson Grimshaw était un peintre de l'ère victorienne, né à Leeds, en 1836. A l'âge de 24 ans, à la plus grande consternation de ses parents, il démissionna de son premier emploi en tant qu'employé de la compagnie ferroviaire "Great Northern Railway" pour entreprendre une carrière artistique. Après son mariage en 1858, John Atkinson Grimshaw fut capable de se consacrer entièrement à la peinture. Vers 1870, son succès lui permit de louer Knostrop Old Hall, un manoir du 17è siècle qui est d'ailleurs représenté dans un grand nombre de ses oeuvres.
Durant l'été, l'artiste résidait souvent à Scarborough. Il loua une maison dans cette ville, à la fin des années 1870, qu'il nomma "Castle-by-the-Sea". Perchée sur les rochers, juste derrière la château de Scarborough, à proximité de l'église Sainte-Marie. Cette demeure offrait une vue magnifique sur les baies situées au nord et au sud. Son déménagement sur la côte inspira la majeure partie des oeuvres du peintre, lui qui, depuis le début de sa carrière, avait toujours été attiré par les bateaux, la mer et les docks.
Grimshaw peignait principalement pour les mécènes privés, et exposa seulement 5 oeuvres à la Royal Academy entre 1874 et 1886, et une à la Grosvenor Gallery. Les villes et docks de Glasgow, Liverpool, Leeds, Scarborough, Whitby et Londres figurent parmi ceux qu'il représenta le plus fréquemment. Il mourut d'un cancer en 1893, à l'âge de 57 ans.

John Atkinson Grimshaw, "Autumn Glory : The Old Mill", oil on canvas, 1869. City Art Gallery, Leeds (U.K.). This painting was shown in 2007 at the MSK Ghent (Belgium), for the exhibition "British Vision". / Ce tableau fut présenté au MSK Gand pour l'exposition "British Vision", fin 2007 - début 2008.
Grimshaw's primary influence was the Pre-Raphaelites. True to the Pre-Raphaelite style, he put landscapes of accurate colour and lighting, and vivid detail. He often painted landscapes that typified seasons, or that typified a kind of weather. By applying his skill in lighting effects, and unusually careful attention to detail, he was able of describing a scene the most intricately as possible.
Although his moonlit town views are his most popular works, he also painted landscapes, portraits, interiors, striking figures of fairies and neo-classical subjects.
Grimshaw's style and subject matter changed little during his career. He strove constantly to perfect his own very individual vision. He was also interested in photography, and sometimes used a camera obscura to project outlines on to canvas, enabling him to repeat compositions several times. He also mixed sand and other ingredients with his paint to get the effects he wanted.

John Atkinson Grimshaw, "Nightfall on the Thames", oil on canvas, 1880. City Art Gallery, Leeds (U.K.).
La première influence de Grimshaw fut celle des Préraphaélites. Fidèle à ce style, il réalisa des paysages aux couleurs et à la luminosité précises, aux détails stupéfiants. Il représenta le plus souvent des paysages typiques aux saisons ou qui se rapportaient à une condition météorologique bien déterminée. En mettant en oeuvre sa capacité à représenter les effets de lumières, son attention inhabituelle aux détails, il était capable de décrire une scène de la manière la plus complète qui soit.
Bien que ses villes éclairées d'une lumière nocture soient ses oeuvres les plus populaires, il peignit également de nombreux paysages, portraits, intérieurs, personnages féériques étonnants et sujets néo-classiques.
Le style et les sujets de Grimshaw changèrent peu au cours de sa carrière. Il lutta constamment en vue de parfaire sa vision individuelle des choses. Il s'intéressa également à la photographie, utilisant parfois une chambre noire pour projeter ses croquis sur toile, ce qui lui permettait de répéter ses compositions à de nombreuses reprises. Il mélangeait également le sable et d'autres ingrédients à sa peinture afin d'obtenir les effets qu'il désirait.

John Atkinson Grimshaw, "Iris", oil on canvas, 1880. City Art Gallery, Leeds (U.K.).















